Votre produit tombe en panne et le vendeur vous renvoie vers le fabricant ? Il n’en a pas le droit. La garantie légale du vendeur est automatique, gratuite et obligatoire : tout professionnel doit réparer, remplacer ou rembourser un bien défectueux pendant deux ans. Vous n’avez rien à souscrire ni à payer en supplément. Voici ce qu’elle couvre, ce que vous devez prouver, les démarches à suivre et les recours si le magasin traîne les pieds.
🛡️ L’essentiel à retenir
Aucun coût
Transport, pièces et main-d’œuvre sont à la charge du vendeur.
Preuve allégée
Le défaut est présumé exister dès l’achat.
Un seul interlocuteur
Adressez-vous au vendeur, jamais au fabricant.
| Point clé | Bien neuf ou numérique | Bien d’occasion ou reconditionné |
|---|---|---|
| Durée de la garantie | 2 ans | 2 ans |
| Preuve du défaut | Aucune pendant 2 ans | Aucune pendant 12 mois, ensuite à votre charge |
| Intervention du vendeur | 30 jours | 30 jours |
| Remboursement | 14 jours, majoration en cas de retard | 14 jours, majoration en cas de retard |
Quels produits et quels défauts la garantie légale couvre-t-elle ?
Elle concerne tout bien acheté auprès d’un professionnel par un particulier : neuf, d’occasion ou reconditionné, du lave-linge à la paire de chaussures. Elle protège aussi les contenus et services numériques (abonnement logiciel, streaming, jeu en ligne), les objets connectés et les biens fabriqués sur mesure, comme un meuble ou une fenêtre.
Les situations de non-conformité couvertes
Un produit est non conforme quand il ne correspond pas à ce que le vendeur a annoncé ou à ce qu’on attend normalement d’un article de ce type. Cela recouvre plusieurs cas :
- un bien qui s’écarte de la description, de la quantité ou des qualités promises
- un appareil impropre à l’usage habituel, ou à l’usage particulier que vous aviez signalé au vendeur
- un défaut de fabrication, d’assemblage ou de durabilité
- des accessoires, mises à jour ou notices d’installation manquants ou incompréhensibles
- une installation mal réalisée par le vendeur ou sous sa responsabilité
Les cas exclus de la garantie
La garantie ne joue pas dans quatre situations :
- un défaut visible que vous connaissiez, ou ne pouviez pas ignorer, à l’achat
- une mauvaise utilisation du produit
- une usure normale
- un défaut causé par des matériaux que vous avez fournis ou ajoutés
Le droit de rétractation de quatorze jours est autre chose : il permet de changer d’avis sans motif, sans rapport avec un défaut. Entre particuliers, la garantie ne s’applique pas non plus, seuls les vices cachés restent invocables. Les animaux, les ventes sur saisie judiciaire et les enchères publiques d’occasion sont hors champ.
Comment faire jouer la garantie auprès du vendeur ?
La démarche ne vous coûte rien : transport, main-d’œuvre et pièces restent à la charge du vendeur. Trois réflexes suffisent pour la lancer.
Réunir les justificatifs d’achat
Une facture, un ticket de caisse ou un bon de livraison, l’un des trois fait l’affaire. Ticket perdu ? Un relevé bancaire, une confirmation de commande par e-mail ou un bon de garantie rempli prouvent aussi l’achat. Photographiez le défaut ou filmez la panne : vous couperez court aux discussions sur son origine.
Contacter le vendeur et non le fabricant
Votre interlocuteur est le magasin ou le site marchand, pas la marque. Rapportez le produit contre un ticket de dépôt, ou écrivez en courrier recommandé avec accusé de réception, qui date votre demande et fixe le départ des délais. Décrivez le défaut et indiquez la solution voulue. Si on vous répond « voyez avec le constructeur », rappelez que la loi oblige le vendeur à traiter lui-même votre demande.
Suivre le délai de 30 jours
Une fois la demande faite, le vendeur dispose de 30 jours pour réparer ou remplacer, sans inconvénient majeur pour vous. Notez la date de dépôt ou d’envoi. Si vous deviez encore régler un solde, vous pouvez suspendre ce paiement tant que le vendeur n’a pas tenu ses obligations.
Combien de temps dure la garantie et qui doit prouver le défaut ?
La garantie court deux ans à partir de la livraison. Si l’échéance tombe un week-end ou un jour férié, elle est reportée au jour ouvrable suivant. Pour un service numérique fourni en continu au-delà de deux ans, elle dure aussi longtemps que le contrat.
La charge de la preuve varie selon le produit. La loi pose une présomption d’antériorité : le défaut est supposé exister dès l’achat, et c’est au vendeur de démontrer le contraire. Sur un bien neuf ou numérique, cette présomption couvre les deux ans. Sur un bien d’occasion ou reconditionné, elle s’arrête à douze mois. Ensuite, c’est à vous d’établir que le défaut existait déjà à la vente, avec un devis de réparateur ou une expertise.
Deux situations pour vous repérer. Votre sèche-linge neuf tombe en panne au bout de treize mois : la garantie constructeur d’un an est terminée, mais la garantie légale court encore et le vendeur ne peut pas vous opposer ce motif. Une voiture d’occasion présente un défaut moteur au bout de quatorze mois : la garantie tient toujours, mais le rapport d’un garagiste devient votre meilleur appui pour montrer que le problème préexistait.
Réparation, remplacement ou remboursement, quels sont vos droits ?
La loi impose un ordre : on tente d’abord de corriger le produit, et le remboursement n’intervient qu’en cas d’échec.
Première étape : réparation ou remplacement
Le choix vous appartient. Le vendeur ne peut imposer l’option la moins chère que si l’écart de coût est manifestement disproportionné, et il doit le justifier par écrit. Après une réparation, la garantie est prolongée de six mois. Si le vendeur remplace l’article alors que vous demandiez une réparation, ou l’inverse, la garantie repart pour deux ans complets.
Deuxième étape : réduction du prix ou résolution du contrat
Vous pouvez exiger une réduction du prix ou la résolution du contrat si la réparation ou le remplacement est impossible, dépasse un mois ou vous cause un inconvénient majeur. La résolution annule la vente : vous rendez le bien et obtenez un remboursement intégral, frais postaux de retour compris. La réduction vous laisse le bien contre un remboursement partiel. Un préjudice prouvé, comme la location d’un appareil de remplacement, ouvre en plus droit à des dommages et intérêts, par demande en justice.
Délai de remboursement et pénalités de retard
Le vendeur rembourse sans retard injustifié, et au plus tard 14 jours après avoir été informé de votre décision. Passé ce délai, la somme due augmente automatiquement :
- +10 % pour un retard de 14 à 30 jours
- +20 % pour un retard de 30 à 60 jours
- +50 % au-delà de 60 jours
Que faire si le vendeur refuse d’appliquer la garantie ?
Relancez d’abord par courrier recommandé, en citant le Code de la consommation et en rappelant les délais écoulés. Ce courrier suffit souvent. Sinon, deux voies amiables, gratuites pour vous, s’ouvrent :
- le médiateur de la consommation, dont le vendeur doit vous communiquer les coordonnées
- le conciliateur de justice, indépendant et saisi près de chez vous
Si l’amiable échoue, saisissez la justice : tribunal de proximité ou tribunal judiciaire pour un litige jusqu’à 10 000 €, tribunal judiciaire au-delà.
Quelle différence entre garantie légale, garantie commerciale et vices cachés ?
La mention « garanti 2 ans » en rayon renvoie en réalité à la garantie légale. La garantie commerciale (souvent appelée garantie constructeur) est facultative, fixée librement par le professionnel, et s’ajoute à la garantie légale sans la remplacer. La garantie des vices cachés (articles 1641 à 1649 du Code civil) reste cumulable : elle vise un défaut indétectable à l’achat qui rend le bien impropre à l’usage.
| Critère | Garantie légale | Garantie commerciale | Vices cachés |
|---|---|---|---|
| Durée | 2 ans après la livraison | Libre | 2 ans après la découverte du défaut |
| Preuve | Présumée (2 ans neuf, 12 mois occasion) | Selon le contrat | À votre charge, souvent par expertise |
| Interlocuteur | Vendeur | Selon le contrat | Vendeur, ou fabricant si le vendeur a disparu |


