Combien touche-t-on au SMIC aux Pays-Bas ?

smic au pays bas

Au 1er juillet 2025, le salaire minimum aux Pays-Bas s’établit à 14,40 € brut de l’heure pour les personnes de 21 ans et plus. Cela correspond à 2 257,76 € brut par mois pour 36 heures hebdomadaires, ou 2 509,73 € pour 40 heures. Le pays se positionne au 3ème rang européen, derrière le Luxembourg et l’Irlande, avec une rémunération minimale supérieure de 25% à celle de la France. Une prime de vacances obligatoire de 8% du salaire annuel, versée chaque printemps, complète cette rémunération.

Durée hebdomadaireSalaire mensuel brutSalaire horaire
36 heures2 257,76 €14,40 €
38 heures2 401,80 €14,40 €
40 heures2 509,73 €14,40 €
Prime de vacances+8% du salaire annuel 

📋 L’essentiel à retenir

  • Le système néerlandais prévoit deux revalorisations automatiques par an, en janvier et juillet, sans négociation politique.
  • Les jeunes de moins de 21 ans perçoivent un pourcentage dégressif du taux adulte, allant de 30% à 80%.
  • Environ 75,6% des employés bénéficient de conventions collectives fixant des rémunérations supérieures au plancher légal.
  • La réforme de 2024 a instauré un calcul horaire pour garantir l’équité entre temps plein et temps partiel.
  • Le coût employeur aux Pays-Bas reste inférieur à celui de la France malgré un taux horaire plus élevé.

Quel est le montant exact en 2025 ?

Le taux horaire de référence s’élève à 14,40 € brut au 1er juillet 2025. Ce montant s’applique automatiquement à tous les employés de 21 ans et plus, quelle que soit leur durée hebdomadaire.

Pour 36 heures par semaine, durée courante dans le pays, la rémunération mensuelle brute atteint 2 257,76 €. À 38 heures, elle grimpe à 2 401,80 €. Pour 40 heures hebdomadaires, le montant atteint 2 509,73 € brut par mois.

La prime de vacances constitue une particularité locale. Elle représente 8% du salaire brut annuel et se verse en une fois, généralement entre mai et juin. Pour une rémunération mensuelle de 2 257,76 €, cela équivaut à environ 2 167 € bruts supplémentaires par an.

La prochaine revalorisation interviendra le 1er janvier 2026, avec un taux horaire prévu à 14,71 €. Depuis janvier 2024, le système de calcul repose exclusivement sur le taux horaire, abandonnant l’ancien modèle mensuel forfaitaire. Cette réforme garantit une équité totale entre différents types de contrats.

Où se situent les Pays-Bas dans le classement européen ?

Le pays figure parmi les États membres offrant les rémunérations minimales les plus élevées du continent. Sa position exacte varie selon les sources entre la 2ème et la 4ème place, en fonction des méthodes de calcul et des dates de référence.

Les pays avec les montants les plus élevés

Voici la hiérarchie des six nations européennes proposant les montants les plus avantageux :

RangPaysMontant mensuel brut
1Luxembourg2 704 €
2Irlande2 282 €
3Pays-Bas2 257 €
4Allemagne2 161 €
5Belgique2 070 €
6France1 802 €

Cinq pays de l’Union européenne n’imposent pas de plancher salarial national : l’Autriche, le Danemark, la Finlande, l’Italie et la Suède. Dans ces États, les rémunérations minimales se définissent par branche professionnelle, via des négociations entre organisations syndicales et patronales.

La position de la France face aux Pays-Bas

L’écart entre les deux nations est significatif. La France affiche actuellement 1 801,80 € brut par mois pour 35 heures hebdomadaires, soit un taux horaire d’environ 11,65 €.

En comparant directement les taux horaires, le montant néerlandais dépasse celui de la France de 23,5%. Sur une base mensuelle, l’écart atteint 455,96 € en faveur des Pays-Bas, soit une différence de 25,3%.

Dans la hiérarchie européenne, la France occupe la 6ème position, tandis que les Pays-Bas se hissent à la 3ème place. Le pays fait partie du cercle restreint de six États de l’UE dont la rémunération minimale dépasse 1 500 € mensuels.

Comment a évolué cette rémunération depuis 2020 ?

La progression a été constante et dynamique ces dernières années. Entre 2020 et 2025, le montant a augmenté de 539 €, soit une hausse globale de 32,6%.

AnnéeMontant mensuel brutÉvolution annuelle
20201 654 € 
20211 685 €+31 € (+1,9%)
20221 725 €+40 € (+2,4%)
20231 934 €+209 € (+12,1%)
20242 070 €+136 € (+7,0%)
20252 257 €+187 € (+9,0%)

L’année 2023 marque un tournant avec une augmentation exceptionnelle de 10% dès le 1er janvier. Cette décision gouvernementale a répondu à une inflation historique, la plus forte enregistrée depuis plusieurs décennies. L’objectif visait à protéger le pouvoir d’achat face à la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentation.

En janvier 2024, une majoration supplémentaire de 1,2% a été votée par la Chambre des représentants, témoignant de la volonté politique de maintenir un niveau de protection salariale élevé.

Pour 2026, les projections annoncent un taux horaire de 14,71 €, soit environ 2 295 € par mois pour 36 heures hebdomadaires. Cette trajectoire ascendante illustre la robustesse du mécanisme néerlandais.

Pourquoi ces augmentations régulières ?

Les Pays-Bas appliquent un système d’indexation automatique, un mécanisme qui distingue le pays de nombreuses autres nations européennes. Deux revalorisations obligatoires interviennent chaque année : une au 1er janvier, l’autre au 1er juillet. Le processus est inscrit dans la loi et ne nécessite pas d’intervention politique directe.

La base de calcul repose sur l’évolution moyenne des rémunérations négociées collectivement, non directement sur l’indice des prix à la consommation. Le CPB (Bureau central de planification néerlandais), organisme indépendant, analyse l’économie nationale et estime cette évolution. Le plancher salarial suit donc la dynamique globale du marché du travail local.

Ce système s’inscrit dans le cadre de la Loi sur le salaire minimum et la prime de vacances, cadre législatif stable en vigueur depuis des décennies. La réforme de 2024, qui a instauré le calcul horaire plutôt que mensuel, renforce l’équité entre différents types de contrats.

Parmi les 27 pays de l’Union européenne, dix ont indexé leur plancher salarial sur l’inflation ou sur l’évolution des rémunérations. La Belgique, Chypre, l’Espagne, la France, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas et la Slovénie font partie de ce groupe. La spécificité néerlandaise réside dans son lien avec les négociations collectives plutôt qu’avec l’inflation pure, permettant une adaptation plus fine aux réalités économiques.

Quel montant pour les travailleurs de moins de 21 ans ?

Le système applique une grille progressive basée sur l’âge de l’employé. La rémunération adulte complète n’est versée qu’à partir de 21 ans. Avant cet âge, les montants varient selon un pourcentage dégressif.

ÂgeTaux horaire brut% du taux adulte
21 ans et +14,40 €100%
20 ans11,52 €80%
19 ans8,64 €60%
18 ans7,20 €50%
17 ans5,69 €39,5%
16 ans4,97 €34,5%
15 ans4,32 €30%

Ce système fait l’objet de critiques répétées. Le Comité européen des droits sociaux l’a jugé discriminatoire, estimant qu’il ne garantit pas une rémunération équitable aux jeunes employés. Les organisations syndicales néerlandaises réclament un alignement progressif avec le taux adulte dès 18 ans, arguant que les jeunes supportent les mêmes charges que leurs aînés.

Les employeurs défendent ce modèle en soulignant qu’il favorise l’insertion des jeunes sur le marché du travail et encourage l’apprentissage. Néanmoins, sous la pression de la directive européenne 2022/2041 sur les rémunérations adéquates, des réformes sont prévues à partir de 2027 pour réduire progressivement ces écarts.

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