Que se passe-t-il lors d’un dépôt de bilan pendant un arrêt maladie ?

Que se passe-t-il lors d'un dépôt de bilan pendant un arrêt maladie ?

Lorsque votre entreprise dépose le bilan pendant que vous êtes en arrêt maladie, vos indemnités journalières continuent d’être versées par la CPAM sans interruption. Votre situation de salarié en congé maladie vous protège financièrement grâce à plusieurs dispositifs légaux. La Sécurité sociale maintient automatiquement ses versements, tandis que l’AGS prend le relais pour compenser les sommes dues par votre employeur défaillant.

Que l’entreprise entre en redressement ou en liquidation judiciaire, vous conservez vos droits sociaux et bénéficiez d’une protection renforcée. Votre contrat de travail suspendu pour maladie ne peut être rompu abusivement, et le calcul de vos indemnités de licenciement reste basé sur votre salaire antérieur à l’arrêt.

AspectRedressement judiciaireLiquidation judiciaire
Activité entrepriseMaintenue sous supervisionCessation immédiate
Votre contratSuspendu, non rompuLicenciement économique
Indemnités journalièresMaintenues par CPAMMaintenues par CPAM
Délai de notificationVariable selon plan15 jours maximum

Vos indemnités journalières restent garanties malgré le dépôt de bilan

La première inquiétude qui vous traverse l’esprit concerne naturellement le maintien de vos revenus. Le dépôt de bilan de votre entreprise n’affecte pas vos indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie.

La CPAM maintient automatiquement vos versements

Votre caisse d’Assurance Maladie fonctionne de manière totalement indépendante de la situation financière de votre employeur. Les indemnités journalières représentent 50% de votre salaire journalier de base, calculé sur vos trois derniers mois de paie avant l’arrêt maladie.

Cette indemnisation perdure tant que votre médecin prescrit un arrêt de travail, sans limite de durée liée au dépôt de bilan. La CPAM verse directement sur votre compte bancaire, indépendamment de toute procédure judiciaire touchant votre entreprise.

L’AGS prend le relais pour le complément employeur

Si votre convention collective ou votre contrat prévoit un complément de salaire pendant l’arrêt maladie, ce versement peut s’interrompre suite aux difficultés financières de l’entreprise. L’Association pour la Gestion du régime de garantie des créances des Salariés intervient alors automatiquement.

L’AGS garantit le paiement des compléments dus par l’employeur défaillant, dans un délai de 2 à 4 semaines après validation de vos créances. Cette prise en charge s’effectue sans démarche particulière de votre part.

Redressement ou liquidation judiciaire, deux scénarios différents

Le dépôt de bilan ouvre deux procédures possibles selon l’état financier de l’entreprise. Chacune impacte différemment votre situation de salarié en arrêt maladie.

Redressement judiciaire et maintien de votre statut

En cas de redressement judiciaire, l’entreprise continue de fonctionner sous supervision d’un administrateur judiciaire. Votre contrat de travail reste suspendu pour cause de maladie, sans modification de votre statut juridique.

L’administrateur peut néanmoins décider de licenciements économiques dans le cadre du plan de redressement. Votre arrêt maladie ne vous protège pas contre cette mesure, mais le licenciement doit respecter la procédure légale et ne peut être motivé par votre état de santé. Cette période d’observation dure généralement 6 à 18 mois.

Liquidation judiciaire et licenciement automatique

La liquidation judiciaire entraîne la cessation immédiate de l’activité et la rupture automatique de tous les contrats de travail. Vous recevrez une notification de licenciement économique du liquidateur judiciaire dans les 15 jours suivant le jugement.

Ce licenciement intervient indépendamment de votre arrêt maladie et ne constitue pas une discrimination. Vous conservez néanmoins le droit de poursuivre votre arrêt maladie selon les prescriptions médicales, même après notification.

Calcul de vos indemnités de licenciement pendant l’arrêt maladie

Votre situation d’arrêt maladie au moment du dépôt de bilan n’affecte pas négativement le calcul de vos indemnités de licenciement. La loi protège vos droits acquis et votre ancienneté.

Votre salaire de référence avant la maladie

Le calcul de l’indemnité de licenciement se base sur votre rémunération antérieure à l’arrêt de travail. Les trois derniers mois précédant votre congé maladie servent de référence, ou les douze derniers mois si ce calcul vous est plus favorable.

L’indemnité légale représente un quart de mois de salaire par année d’ancienneté pour les dix premières années, puis un tiers de mois pour les années suivantes. Votre convention collective peut prévoir des montants plus favorables.

Composition détaillée de votre solde de tout compte

Votre solde de tout compte comprend plusieurs éléments distincts, tous garantis par l’AGS en cas d’insolvabilité de l’employeur. L’indemnité de licenciement constitue l’élément principal, calculée selon les modalités légales ou conventionnelles.

S’ajoute l’indemnité compensatrice de préavis non effectué, équivalente à la rémunération de la période de préavis théorique. L’indemnité compensatrice de congés payés correspond aux jours de congés acquis mais non pris. Les éventuels salaires impayés des derniers mois complètent ce solde.

Les 3 démarches urgentes à effectuer immédiatement

Trois actions prioritaires s’imposent dès que vous apprenez le dépôt de bilan de votre entreprise, pour sécuriser vos droits et vos revenus futurs. Ces démarches conditionnent le recouvrement de vos créances.

Déclarer vos créances salariales dans les délais

Vous disposez d’un délai impératif de deux mois à compter de la publication du jugement au BODACC pour déclarer vos créances salariales. Rassemblez tous vos bulletins de salaire, votre contrat de travail, les justificatifs de congés payés et les certificats médicaux d’arrêt maladie.

Adressez votre déclaration au liquidateur ou au mandataire judiciaire désigné par le tribunal, par lettre recommandée avec accusé de réception. Un retard dans cette démarche peut compromettre le recouvrement de vos créances.

Informer vos organismes de protection sociale

Prévenez immédiatement votre CPAM de la situation de l’entreprise pour éviter tout malentendu sur la continuité de vos indemnités journalières. Inscrivez-vous sans attendre auprès de Pôle Emploi, même si vous poursuivez votre arrêt maladie.

Cette démarche anticipée facilite l’ouverture de vos droits au chômage dès votre retour à l’aptitude au travail. Conservez soigneusement tous les documents relatifs à votre emploi et à votre arrêt maladie.

L’AGS, votre protection financière automatique

L’Association pour la Gestion du régime de garantie des créances des Salariés constitue votre filet de sécurité face à l’insolvabilité de votre employeur. Cette protection s’active automatiquement lors du dépôt de bilan.

L’AGS garantit le paiement des salaires impayés des six derniers mois, des indemnités de licenciement, des congés payés non pris et des compléments de salaire dus pendant votre arrêt maladie. Cette couverture atteint 82 272 euros en 2023, soit six fois le plafond mensuel de la Sécurité sociale.

Les versements interviennent généralement 2 à 4 semaines après validation de vos créances par le mandataire judiciaire. L’AGS bénéficie d’une priorité absolue sur tous les autres créanciers de l’entreprise, garantissant le recouvrement de vos sommes.

Articulation avec vos droits au chômage après licenciement

Votre inscription à Pôle Emploi reste possible dès réception de la notification de licenciement, même si vous poursuivez votre arrêt maladie. Cette démarche ne compromet pas vos indemnités journalières en cours.

Les allocations chômage et les indemnités maladie ne peuvent se cumuler. Vos droits au chômage restent suspendus tant que vous percevez des indemnités journalières, puis s’activent automatiquement à votre retour à l’aptitude au travail.

Votre ancienneté et vos salaires antérieurs à l’arrêt maladie servent de base au calcul de vos allocations chômage. Aucun délai de carence spécifique ne s’applique en cas de liquidation judiciaire. Vos droits s’ouvrent dans les conditions normales, sans pénalité liée aux indemnités perçues via l’AGS.

Situations particulières et cas spécifiques

Certaines situations nécessitent une attention particulière lors d’un dépôt de bilan pendant un arrêt maladie, avec des droits et protections renforcés selon votre statut professionnel.

Formation et reconversion durant votre arrêt

Vous pouvez entreprendre un bilan de compétences pendant votre arrêt maladie, sous réserve de l’accord de votre médecin traitant. Cette démarche anticipée facilite votre réinsertion professionnelle future.

Votre Compte Personnel de Formation reste utilisable intégralement, indépendamment de la situation de l’entreprise. Le service social de l’Assurance Maladie propose un accompagnement personnalisé pour préparer votre retour à l’emploi.

Maladie professionnelle et entreprise individuelle

Si votre arrêt résulte d’une maladie professionnelle reconnue, vous bénéficiez d’une indemnisation renforcée à 60% puis 80% de votre salaire journalier. Cette protection supérieure reste totalement indépendante du dépôt de bilan.

Pour les dirigeants d’entreprise individuelle en arrêt maladie, il faut distinguer votre statut personnel de celui de l’entreprise. Vos indemnités journalières personnelles perdurent tant que vos cotisations sociales sont à jour, même après cessation d’activité de l’entreprise.

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